Articles avec le tag ‘jeux vidéo’

(Version longue d’un article présent dans le numéro de décembre d’Illimité, le magazine gratuit des cinémas UGC)

Divertissement ultime de ces dernières années, le jeu vidéo mêle de plus en plus petit et grand écran. Avec son dernier long métrage Les Mondes de Ralph, Disney remplace les petits chevaux de bois par des karts pixélisés et réussit à vendre du rêve aux gamers de toutes les époques. Pourtant, cinéma et gaming avaient rarement fait bon ménage jusqu’à présent…

Fatality

Malheureusement, la majorité des adaptations de jeux vidéo au cinéma donne envie de se pendre avec sa manette sans fil, et en faire une liste exhaustive nous prendrait la journée. Un consensus se dégage cependant pour couronner Super Mario Bros. “pire adaptation de tous les temps” – mais pouvait-on espérer autre chose d’un film mettant en scène Bob Hoskins en plombier avec des bottes bioniques, qui mange des fleurs pour vaincre un dinosaure ?

Les consternants Street Fighter et Street Fighter: La Légende de Chun-Li méritent aussi une place sur le podium de la loose, afin de récompenser leurs vaillants producteurs, qui ont espéré décrocher le jackpot en mettant un béret à Jean-Claude Van Damme et une griffe à Taboo des Black Eyed Peas. Enfin, mention spéciale aux bien nommés Doom et Alone in the Dark : les rares spectateurs à s’être fait piéger se sont sentis bien seuls dans les salles obscures.

You Win

De temps en temps, on assiste pourtant à des bonnes surprises. Outre Resident Evil qui est devenue une franchise indépendante du jeu vidéo (avec plus ou moins de réussite), on retiendra Tomb Raider pour les seins d’Angelina Jolie, Final Fantasy – Les Créatures de l’Esprit pour sa qualité technique impressionnante à l’époque, Professeur Layton et la Diva Eternelle pour le respect des codes du jeu et Max Payne pour les ralentis à la John Woo (vaguement). Au final, les films les plus cools, ce sont qui comme Ralph gravitent autour du jeu vidéo et s’amusent avec sa symbolique. Débrouillez-vous pour (re)voir les très vieux The Wizard (Vidéokid en français):

ou bien The Last Starfighter

ainsi que la LEGENDAIRE parodie de Street Fighter 2 dans City Hunter avec Jackie Chan. Vous nous remercierez après.

Tiens, quels jeux vidéo feraient de bons films ?

À bien y réfléchir, toutes les conditions sont pourtant réunies. Il suffirait que Guy Ritchie persuade Robert Downey Jr. de troquer les lunettes de Sherlock Holmes contre le haut de forme du Professeur Layton pour voir naître une nouvelle franchise à succès. Sûr que Jude Law décrocherait une nomination aux Oscars avec le rôle de Luke Triton.

Idem pour une version de Marvel vs Capcom réunissant le casting d’Expendables 2 autour de Kevin Smith, ou une trilogie Uncharted par LucasFilm. Et si on ajoute GTA par Quentin Tarantino, les Sims par Judd Apatow et Call of Duty par Michael Bay, il y a de quoi s’arracher les cheveux en songeant aux géniaux scénarii potentiels. Disney, si tu nous lis : fais pas ta pute.

Et sinon, quels films pourraient faire de supers jeux vidéo ?

Bah les films de boule, pardi. Parce que sérieusement, à part les franchises LEGO, impossible de citer trois adaptations potables. Alors jouons la sécurité, et votons pour un boulard en QTE, comme dans God of War. En espérant enfin trouver le bon bouton.

Pour en revenir aux Mondes de Ralph, vous aurez capté que depuis 8 paragraphes on esquive dans tous les sens pour éviter de parler du film : en vrai il est SUPER CHIANT et nous a grave déçus. Ouais, on s’attendait à un truc trop cool et original sur les jeux vidéo, avec plein de décors et tout.

Que dalle.

C’est juste un Disney archi-classique avec une putain de princesse, un putain de scénario archi-prévisible, mais y a juste un putain d’emballage qui clignote et un open-bar de fan service pour nous douiller.

Le peu de choses qu’il y a à dire sur le film, c’est:

Si vous voulez comprendre les blagues, voici les jeux auxquels il faut jouer :

L’inspiration derrière les héros Ralph la Casse et Felix Fixe : Donkey Kong (arcade), Super Mario Bros. et Rampage

Le monde de Hero’s Duty : Halo, Gears of War, Call of Duty, Metroid Prime (et un gimmick à la Kirby pour les méchants)

Le monde de Sugar Rush : Mario Kart, Out Run et Léa Passion Obésité

Le principal intérêt du film, c’est les clins d’œil. On vous recommande en vrac d’avoir joué à Street Fighter II, Sonic, Pac-Man, Mortal Kombat, Altered Beast, Tapper, Q*Bert, House of the Dead et enfin Frogger.

Et sinon, pourquoi ya pas Mario dans le film?

Officiellement, parce que les scénaristes n’ont rien trouvé de marrant pour l’intégrer dans l’histoire. Officieusement, parce qu’il était occupé à se taper des trips sous champis et à chercher des feintes pour nous faire croire que la Wii U n’est pas une grosse merde.

1-Up // A vous de trouver

Dans Tron l’Héritage, qui est AUSSI produit par Disney et qui parle AUSSI de jeu vidéo, on pouvait apercevoir nos Daft Punk nationaux. Gouffre générationnel oblige, dans Les Mondes de Ralph, c’est Skrillex qui vient faire coucou. Saurez-vous le reconnaître ? (Indice : contrairement à ce que vous pensez, c’est pas lui qui fait buguer la machine)

Bonus Stage // Une tartine de science

Attention : si vous êtes diabétique, le simple fait de regarder Les Mondes de Ralph peut vous faire partir en couille. D’ailleurs Sugar Rush, le monde de friandises dans lequel se déroule l’essentiel du film, tire son nom d’une croyance populaire aux Etats-Unis selon laquelle la consommation de sucre provoque un pic d’excitation et rend un peu hystérique. Ce phénomène n’a jamais été avéré par une étude scientifique.

En revanche, les scientifiques peuvent vous donner la réponse à une grande question de la vie et du film : pourquoi le mélange Mentos-Coca provoque un effet geyser?

Easy: les boissons gazeuses contiennent du dioxyde de carbone dissous ; celui-ci réagit quand il se trouve en contact avec la surface des Mentos, qui est poreuse. L’enrobage du bonbon favorise la transformation brutale en gaz, et les bulles de la boisson remontent alors en permanence. T’inquiète, si tu mâches le Mentos avant de boire ton coca, il va rien t’arriver.

Hormis les Mentos, le film est blindé de placements de produits sans pitié : par exemple, il y a une escouade de soldats en biscuits Oreo et une mare de Nesquik (on vous conseille d’ailleurs les recettes de gâteaux sur le site officiel de Nesquik).

Tout ça pour dire qu’en faisant l’éloge constant des jeux vidéo et des bonbons, Les Mondes de Ralph va peut-être devenir le premier film Disney à inciter les enfants à l’obésité morbide. Et c’est pas pour nous déplaire.

Twitter @HaterzFr

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