Articles avec le tag ‘Sarkozy’

22h54

MĂ©tro Nation, ligne 1. Une bande de jeunes militants socialistes bourrĂ©s au vin rouge monte en chantant : « Qui sème la misère, rĂ©colte la colère, Sar-ko-zy, au Kärcher, fini la galère ».
Un daron cainf assis à côté de nous sort son iPhone et lance en scred la fonction dictaphone. « Hou hou hou, ils sont bons eux, écoutez-les, ils sont complètement pétés »

22h55

Sur la banquette d’en face, une meuf mange un double-cheese à la cool : « Ah mais non c’est dead à Bastille, les sorties du métro sont fermées, ya que les correspondances, faut sortir aux stations d’avant ou d’après. » Humm.

22h58

Arrêt Bastille. Tout est normal. La meuf lève les yeux de son double-cheese comme si de rien n’était. On descend.

23h04

Arrivée sur la place. Dans l’air flotte une odeur de victoire (et de merguez).

23h08

Après avoir avancĂ© d’une centaine de mètres, on aperçoit la scène sur laquelle Yannick Noah chante Saga Africa. On commence Ă  regretter d’avoir votĂ© Hollande.

23h11

Yannick Noah parle de la victoire de la France en Coupe Davis en 1991. Perplexité.

23h13

Un mec manifestement gay passe Ă  cĂ´tĂ© de nous en demandant Ă  son pote : « Tu crois qu’il va y avoir Diam’s ??!! »

23h14

Des petites vieilles agitent des roses. On se demande si elles les ont achetées à un vendeur ambulant, si elles avaient prévu le coup dans l’aprem ou si elles les ont arrachées dans un jardin.

23h16

Un mec passe avec une casquette orange de l’Ă©quipe de foot des Pays-Bas. Il pointe sa visière en rigolant et crie « Hollande! Hollande! ». Apparemment c’est une super blague.

A cĂ´tĂ©, un couple de LePĂ©nistes (qui n’a pas votĂ© au second tour) demande Ă  ĂŞtre pris en photo devant un drapeau FH2012. « C’est la fĂŞte, ça reste un moment historique »

23h17

Constat : jusqu’Ă  prĂ©sent, on a Ă©vitĂ© le « pom polom pom pom pom poooom » du Seven Nations Army des White Stripes. Ça mĂ©rite d’ĂŞtre soulignĂ©.

23h19

Un groupe d’ivoiriens organise un contre-concert en chantant du gospel et en agitant des drapeaux. Une pensée pour le présentateur de France 2 qui a dit « ce soir je vois, heu, des drapeaux irlandais »

23h20

Des pétards éclatent (et se font fumer, aussi)

23h21

4 cailleras passent devant nous en gueulant : « NIQUE SA GRAND-MERE LA PUTE SARKOZY, LES FRANC-MACONS FILS DE PUTE »

23h22

Une aveugle passe Ă  cĂ´tĂ© de moi avec une canne. Je pense Ă  la blague Twitter « Vous pouvez le prĂ©venir ? Ya Gilbert MontagnĂ© qui est tout seul Ă  Concorde ». Un handicapĂ© est soulevĂ© Ă  bout de bras par ses amis afin de voir la foule d’en haut. « Hollande frère, truc de ouf », dit-il.

23h26

Moscovici prend le mic, il est encore plus chaud que les merguez-frites dans la foule. On sent qu’il se retient de hurler un truc genre « L’UMP ON VOUS ENCULE, LE FLAMBY DANS VOS CULS ». Respect.

23h28

Enorme mouvement de foule aussi violent qu’incomprĂ©hensible. Des centaines de personnes, dont nous, sont poussĂ©es en arrière sans qu’on sache pourquoi. Sale ambiance sur 200 mètres. On choisit de s’extraire de la foule.

23h33

Gyrophares à fond, une voiture de secours fend la foule à gauche de l’opéra.

23h34

Une Ă©quipe de jeunes bouffonnes, aussi Ă  l’ouest qu’à gauche, sort du mĂ©tro en chantant « Sarko est moooort ce soir » sur l’air du « Lion est mort ce soir« . Que devient le groupe Pow Wow ?

23h36

Un lascar se pose avec un caddie rempli de 1664 et tape des mains très fort : « Bières fraiches, bièèèères fraiches, 3 euros »

23h38

Ça commence à draguer dans la foule. On dirait qu’il va vraiment y avoir des sans-culotte à Bastille.

23h41

A moins que Hollande ne se fasse parachuter depuis son Falcon directement sur scène dans les 5 prochaines minutes, on se dit que ça commence à être relou. On part.

23h44

« Ah bon le métro est payant ce soir ? Je croyais que c’était gratuit comme pour la Fête de la Musique ou le Nouvel An ?!? »

23h48

Dans les couloirs du métro, une marée humaine gigantesque bloque les couloirs, motivée à faire la teuf. Les flics, démotivés, font la gueule.

23h52

Ligne 1, métro Reuilly Diderot.
Un militant renoi du Front de Gauche monte dans le wagon. Il a un sticker « L’HUMAIN D’ABORD » sur le coeur. Et un autre sur la bite.

23h54

Il embrasse une militante et sort du métro. Avec le recul, je me demande si son sticker ne disait pas plutôt « LA MAIN D’ABORD ».

Une odeur de merguez, on vous disait.

les_grecs

sarkozy_rocancourt_pernaut_bad_boys

Les Inrocks ont eu une putain de bonne idée dans leur Revue du Web n°65, si vous êtes chauds, on aurait besoin de vous pour :

- pourrir la vie des gens
- montrer que les français sont aussi forts en LULZ
- rĂ©habiliter ce grand classique qu’est Bad de Boys de Marseille (Part 2)

L’idĂ©e du truc : vous pourrissez un effet en « terminant une histoire captivante en copiant-collant les paroles de Bad Boys de Marseille » :

« Canaille, canaille, ah le mauvais garçon. La vie est courte, les dĂ©lices du bonheur substantiels, la mort frappe l’oiseau assassinĂ© en plein ciel. Le sort collabore Ă  emporter des fois des corps, le Bad Boy sort quand le coroner s’endort encore. Mourir Ă  30 ans, passer du bon temps, l’angoisse casse l’enfant, fait du frère un type arrogant, assurĂ© de voir un autre jour sous les coups. Je peux quand mĂŞme apprĂ©cier un coucher de soleil comme vous ; rester lucide si les soucis troublent ma raison, quand des tours de bĂ©ton s’Ă©rigent Ă  l’horizon… Mais vraiment c’est drĂ´le ; ma philosophie est tel un saule : s’Ă©lève vers les cieux, pour replonger plus tard vers le sol… Vision de cauchemar, noir dĂ©sert du savoir, voir l’ange dĂ©chu, main mise sur le purgatoire… Croire en soi : rien de nouveau sous le soleil, tu reconnais bien lĂ  le style des Bad Boys. TempĂ©rament fatiguĂ©, on est nĂ©s sous le soleil : tu reconnais bien lĂ  le style des Bad Boys. Chaque jour que Dieu fait, Ă  3h j’ai encore sommeil : tu reconnais bien lĂ  le style des Bad Boys. Au lever, poste Ă  fond, du bon son dans les oreilles : tu reconnais bien lĂ  le style des Bad Boys. Et le soir tard, les renards se ruent sur l’oseille : tu reconnais bien lĂ  le style des Bad Boys de Marseille. On ne vit qu’une fois (fois) faut prendre du bon temps. Oui, autant (autant) profiter des instants les plus plaisants. Le monde est ainsi truffĂ© de subtilitĂ©s, trĂ©sors cachĂ©s de gatsĂ©s ; suffit de les dĂ©busquer, en abuser avec excès. Tu peux me faire confiance, j’entre dans la danse, un sale gosse de plus siège Ă  la table des hautes instances. Un accro du micro qui fera mal Ă  ta tĂŞte ; prends un Aspro® et laisse faire les pros made in Marseille. Maintenant tu sais que dans ma ville des MC’s dĂ©chirent. Multiplier notre empire, graver notre musique dans tes souvenirs, faire le mac car dorĂ©navant la famille sort du cĂ´tĂ© obscur, sĂ»re de t’avoir Ă  l’usure, gazier. Dans ma ville, y’a rien, pourtant elle est grande. Dès 90, je contrebande, façon Luciano dans la LĂ©gende. L’indomptĂ© entre, arme blanche branchĂ©e. Laisse des traces aux intrus. Yo Le Rat, fracasse les estrasses sur instru. Dans la rue les combattants serrent les rangs, fiers mĂŞme sans un franc. Oublie la frime, comprends : j’envoie mes rimes comme des 5 francs. Grands ou petits, noyĂ©s dans la masse, les rapaces manquent d’espace et se tirent dans les pattes… Fais place aux bagarreurs du mic. Ici, c’est Mars, surface rouge. La population panique, histoires tragiques, atmosphère tendue, volcanique. Linges pendus, murs salis, Boss, trafic tapent au cĹ“ur de la zique automatique de ma clique. »

Twitter @HaterzFr

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